3. Le Conseil International de la Philosophie et des Sciences Humaines
(CIPSH), et les subventions versées par l'UNESCO à la FIEC
L'UNESCO avait d'emblée prévu la création d'organismes intermédiaires qui
représenteraient en son sein les diverses disciplines scientifiques regroupées
en fédérations. Pour la philosophie et les sciences humaines, ce fut le
Conseil International de la Philosophie et des Sciences Humaines (CIPSH), qui
n'était encore que dans les limbes au moment où la FIEC fut fondée. l'UNESCO
exigea cependant comme condition sine qua non à son appui que la FIEC décide
d'adhérer dès sa création au CIPSH. L'Assemblée constitutive de la FIEC prit
une décision en ce sens, et désigna comme Délégué de la FIEC à la
Commission préparatoire du CIPSH C. Høg, avec J. Marouzeau comme suppléant.
L'Assemblée constitutive du CIPSH eut lieu à Bruxelles du 18 au 21 janvier
1949. La FIEC y fut représentée par C. Høg, J. Marouzeau et R. Syme. Le CIPSH
groupe actuellement treize Fédérations, ou organismes équivalents.
Fédération fondatrice, la FIEC occupe le cinquième rang dans l'ordre de
préséance rigoureusement observé par l'étiquette du CIPSH. Elle est
précédée par quatre organismes qui ont plus d'ancienneté qu'elle: l'Union
Académique Internationale, la Fédération Internationale des Sociétés de
Philosophie, le Comité International des Sciences Historiques et le Comité
International des Linguistes. Les huit autres Fédérations qui font aujourd'hui
partie du CIPSH représentent les disciplines suivantes: anthropologie et
ethnologie, histoire de l'art, histoire des religions, langues et littératures
modernes, études orientales et asiatiques, musicologie, sciences
préhistoriques et protohistoriques, études africaines.
Dès l'origine, le CIPSH a servi de courroie de transmission pour les subsides
accordés à la FIEC par l'UNESCO. En 1949, des appuis variant de 1200 à 3600 $
furent accordés au Journal of Hellenic Studies, aux Fasti Archeologici, à la
Bibliographie de l'Antiquité Classique 1896-1914 et à la Bibliographie de la
Langue Latine. Dans les années suivantes, ont voit apparaître parmi les
entreprises bénéficiant de subsides notamment l'Année Philologique, l'Archiv
für Griechische Lexicographie, le Thesaurus linguae Latinae et les Oxyrrynchus
Papyri. Une attention privilégiée était donc accordée, hier comme
aujourd'hui, aux bibliographies, aux entreprises lexicographiques et aux
recueils de documents. Actuellement, les subsides principaux accordés par
l'UNESCO à la FIEC par l'intermédiaire du CIPSH vont régulièrement à
l'Année Philologique, au Thesaurus linguae Latinae et au Supplementum
Epigraphicum Graecum.
Des classicistes éminents ont occupé durablement des postes importants au sein
du Bureau du CIPSH: proportionnellement même, il s'y sont taillés la part du
lion. Il faut mentionner en premier lieu R. Syme, qui fut secrétaire général
du CIPSH de 1952 à 1971, puis président de 1971 à 1975. Par ailleurs, J.
Marouzeau fut trésorier de 1952 à 1961, et C. Høg membre du bureau de 1952 à
1955, puis président de 1955 en 1959. Durant ces quatre années donc, les trois
postes clés du CIPSH, président, secrétaire général et trésorier, furent,
si je puis dire, entre nos mains, et les deux postes "techniques"
(secrétaire, trésorier) pendant neuf ans, de 1952 à 1961! Ultérieurement, K.
Kumaniecki fut vice-président de 1961 à 1965, E. Condurachi et E. T. Salmon
vice-présidents de 1971 à 1975 (durant ces quatre années, il y eut de nouveau
trois des nôtres dans le Bureau du CIPSH), J. Harmatta vice-président de 1975
à 1977, et J. Bingen trésorier de 1986 à 1992. En outre, dans l'actuelle
situation de crise, J. Bingen, en dérogation de la limite d'âge qui prévoit
qu'aucun membre du Bureau du CIPSH ne peut être élu après qu'il a atteint
l'âge de soixante-dix ans révolus, a été élu secrétaire général du CIPSH
de novembre 1996 à mai 1997, et ensuite réélu à ce poste pour une période
limitée. Il convient par ailleurs de mentionner que Jean d'Ormesson, qui a
été secrétaire général adjoint durant le mandat de R. Syme, puis
secrétaire général en titre de 1971 à 1992, et enfin président de 1992 au
printemps 1997, a toujours témoigné d'une bienveillance extrême envers notre
Fédération.
L'Assemblée générale du CIPSH s'est réunie en 1949, en 1952, puis toutes
années impaires de 1955 à 1979, et toutes les années paires depuis 1982.
L'une de ses tâches essentielles est de faire le choix définitif transmis à
l'UNESCO parmi les demandes de subsides formulées par les fédérations
membres. Elle est constituée par les délégués, et éventuellement les
délégués adjoints, désignés par les fédérations qui forment le CIPSH.
J'ai déjà mentionné plus haut les représentants de la FIEC à l'assemblée
constitutive de 1949. En 1952, la FIEC fut représentée par une importante
délégation formée d'A. Dain, Ch. Dugas, M. Durry, J. Ernst et R. Syme. Dans
les années suivantes, on voit d'une part apparaître sporadiquement quelques
noms de savants qui ont représenté une ou deux fois la FIEC au CIPSH - tel est
le cas pour K. Latte et B. A. van Groningen, et, comme délégués adjoints
choisis par opportunité géographique (le CIPSH se réunit en principe aux
quatre coins du monde!), pour G. F. Else, H. Kodzu, T. R. S. Broughton, D.
Norberg, V. L. da Nobrega et M. El-Abbadi - d'autres part des titulaires, si je
puis ainsi dire: E. T. Salmon en 1959 et de 1965 à 1971, J. Ernst en 1957 et de
1967 à 1975 et J. Bingen de 1975 à 1986. Depuis 1988, c'est moi-même qui
représente la FIEC aux Assemblées générales du CIPSH. Comme on le constate,
la pratique judicieuse s'est imposée depuis près de trente ans de confier
cette tâche à l' un ou l'autre des titulaires des deux postes techniques du
Bureau de la FIEC (secrétaire et trésorier): eux seuls connaissent en effet
suffisamment les dossiers pour intervenir efficacement dans le cadre du CIPSH.
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