5. Constitution et membres du bureau
Le premier Bureau de la FIEC comprenait un président, deux vice-présidents,
deux membres adjoints, un secrétaire et une vice-secrétaire. Cette
constitution du bureau n'a subi depuis 1948 que deux petits changements. À la
demande de l'UNESCO et du CIPSH, il fut créé en 1950 une charge de trésorier
et, comme aucun des membres déjà élus du Bureau ne voulut l'assumer, un
huitième membre du bureau fut élu pour remplir cette fonction. Le secrétaire
ayant démissionné en 1953, la vice-secrétaire devint secrétaire
intérimaire, puis secrétaire en charge dès 1954, et le poste de
vice-secrétaire fut dès lors supprimé. Ainsi, dès 1954, le Bureau a compté
de nouveau sept membres, avec cette seule différence par rapport au Bureau
initial qu'un trésorier s'est substitué au vice-secrétaire.
Voici le liste des présidents de la FIEC:
1948-1951: C. Høg (Danemark)
1951-1954: R. Syme (Nouvelle Zélande)
1954-1959: B. A. van Groningen (Pays-Bas)
1959-1964: P. Romanelli (Italie)
1964-1969: D. Norberg (Suède)
1969-1974: M. Durry (France)
1974-1979: D. M. Pippidi (Roumanie)
1979-1980: W. Schmid (Allemagne), décédé 23. 11. 1980
1982-1984: W. H. Willis (États-Unis), président par intérim 1980-1982
1984-1989: E. Gabba (Italie)
1989-1994: J. Irigoin (France)
1994-1197: J. Boardman (Grande-Bretagne)
Dès 1997: C. J. Classen (Allemagne)
Les présidents de la FIEC sont le drapeau de notre Fédération. Celle-ci est
cependant gérée dans le quotidien par le secrétaire et le trésorier. Dès
l'origine, nos statuts ont prévu que les titulaires de ces deux charges sont
rééligibles jusqu'à la limite d'âge coutumière de soixante-dix ans, tandis
que les autres membres du Bureau ne peuvent remplir au maximum que deux mandats
de cinq ans. Cette sage disposition, qui garantit la continuité dans la durée
de l'administration de la FIEC, a eu pour conséquence que, en cinquante ans,
notre Fédération n'a connu que trois secrétaires et trois trésoriers.
Il convient de donner quelques précisions sur le premier secrétaire, dont la
personne est sans doute peu familière aux délégués de 1997. Charles Dugas
(1885-1957), membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,
archéologue, enseigna aux Universités de Monpellier et de Lyon. Il n'exerça
ses fonctions que dans les assemblées générales de 1948, 1949 et 1951. La
maladie l'empêcha de participer à celle de 1950, et il démissionna avant
celle de 1953. Dès les débuts de la FIEC, il eut à côté de lui une
vice-secrétaire en la personne de J. Ernst, qui fut chargée de tâches
diverses, et se substitua à lui dans les assemblées générale de 1950, 1953
et 1954.
On ne présente pas Juliette Ernst. Tout le monde ne sait cependant pas qu'elle
est née le 12 janvier 1900 à Alger, où son père, de nationalité suisse,
exerçait sa profession de négociant. Rentrée en Suisse en 1913, elle fit à
Lausanne la fin de ses études secondaires et ses études universitaires. Après
de brefs stages dans l'enseignement secondaire vaudois et à la jeune Société
des Nations, elle s'établit à Paris, où très vite elle fut associée par J.
Marouzeau à l'entreprise de l'Année Philologique: Elle dirigea cette
bibliographie de fait, puis de droit, pendant soixante ans, de 1930 à 1990. Son
état de santé l'obligea alors à se retirer en Suisse, où elle vit
aujourd'hui dans une maison de repos à Lutry, près de Lausanne. L'Université
de Lausanne lui a décerné le grade de docteur honoris causa en 1939. À la
FIEC, elle remplit de 1948 à 1953 les fonctions de vice-secrétaire, de 1953 à
1954 celles de secrétaire par intérim, de 1954 à 1974 celles de secrétaire
générale en titre. À sa sortie de charge, elle a été élue secrétaire
générale honoraire. Je lui ai moi-même succédé en 1974.
Marcel Durry fut le trésorier de la FIEC de la création de ce poste en 1950
jusqu'en 1969, puis, comme je l'ai déjà dit, président de 1969 à 1974.
Après lui, Jean Bingen (Belgique) fut trésorier de 1969 à 1994, date à
laquelle Franco Montanari (Italie) lui a succédé.
Je ne résiste pas à la tentation d'établir un hit-parade des plus longs
états de service au bénéfice de la FIEC: première, Juliette Ernst, vingt-six
ans, deuxième Jean Bingen, vingt-cinq ans, troisième, Marcel Durry,
vingt-quatre ans. Je ne saurais dissimuler que je suis moi-même le challenger
dans cette course, et que, si uita suppetet, j'ai de bonnes chances de monter
sur le podium assez bientôt.
Pour conclure cette petite histoire des bureaux successifs de la FIEC, je vais
énumérer les noms de ceux qui y ont rempli des fonctions de vice-président et
de membre adjoint, par ordre alphabétique des pays:
Allemagne: K. Latte (54-64); K. von Fritz (64-74); W. Schmid (74-79); W. Ludwig
(84-94); C. J. Classen (94-97).
Brésil: H. Sarian (94-).
Canada: E. T. Salmon (59-69); A. Daviault (94-).
Danemark: C. Høg (51-54).
Espagne: M. Fernández-Galiano (64-74); M. Mayer (94-).
États-Unis: F. Brown (48-59); T. R. S. Broughton (59-69); W. H. Willis (74-80);
G. Kennedy (84-94).
Finlande: I. Kajanto (74-84).
France: J. Marouzeau (48-54); J. Irigoin (84-89).
Grande-Bretagne: H. Lloyd-Jones (69-79); J. Boardman (89-94 et 97-).
Irlande: G. L. Huxley (79-89).
Italie: P. Romanelli (54-59); E. Gabba (79-84); G. B. Conte (89-94).
Nouvelle-Zélande: R. Syme (48-51 et 54-59).
Pays-Bas: B. A. van Groningen (59-64).
Pologne: J. Manteuffel (48-51).
Roumanie: D. M. Pippidi (69-74).
Suède: H. Hagendahl (51-54).
Il se trouve sans cesse des personnes qui ont tendance à envisager les
fonctions de membre du Bureau de la FIEC en termes de puissance et de prestige.
On ne saurait concevoir d'optique plus erronée. L'essentiel de ces fonctions se
limite à d'humbles travaux de gestion, qui n'exigent aucun génie, mais une
grande exactitude, une ponctualité absolue et un dévouement désintéressé.
Pour être dignes des charges qu'ils assument, les membres du Bureau de la FIEC
doivent n'avoir en tête que le bien de l'institution, et songer à servir
plutôt qu'à se servir.
[ << ] [ ^ ] [ >> ]
|